Cette série de cartes est la plus complète. Elle est conçue pour vous aider à apprendre une partie de la nouvelle pièce que vous travaillez en ce moment. Organisée en 3 étapes (qui demandent approximativement 20 minutes chacune), elle comporte 49 cartes.
Il est conseillé de lire d’abord la description de la carte avant de faire l’exercice demandé. Gardez la carte que vous êtes en train de réaliser sous les yeux, cela vous permettra de vous focaliser sur l'énoncé de l'exercice. Posez votre smartphone sur le pupitre et passez à la carte suivante une fois que vous estimez avoir terminé l’étape précédente en glissant votre doigt sur l’écran pour passer d’une carte à l’autre.
Toutefois, selon votre évolution, vous pouvez prendre du temps sur une carte ou la passer. Par exemple, si vous jugez qu’il est inutile de placer les barres de pulsation, vous pouvez passer cette carte, ou si une autre carte vous résiste, vous pouvez là passer et continuer à vous faire guider avec les exercices suivants.
Bonne session ! :)
15 minutes
La 1ère étape est une étape « préparatoire » qui consiste à approcher une section de la pièce (de maximum 8 mesures) à la manière d’un chef d’orchestre. Cette préparation est nécessaire afin de formuler une première impression de la pièce que nous allons incarner petit à petit dans les deux autres étapes.
Cette étape comporte 10 cartes :
Réunir les conditions
Réaliser une courte série d'étirements
Le calme et l'enthousiasme
Définir une section
Relever le Rythme Harmonique
Définir « l'image sonore »
Noter les pulsation
Diriger en fredonnant
Diriger en fredonnant de mémoire
Écrire les doigtés
Avant de commencer votre séance d’apprentissage, il convient de s’assurer que toutes les conditions qui favorisent la concentration sont réunies. Ainsi, nous vous recommandons de vous assurer que vous ne soyez pas distrait durant votre séance.
Notre corps participe de manière active dans le processus d’apprentissage. Avant de commencer la séance, il convient de le réveiller. Effectuez une courte série d’étirements que vous connaissez ou choisissez les étirements qui vous paraissent le plus pertinents dans la catégorie Étirements.
Il est difficile de maintenir sa concentration sur l’entièreté du nouveau morceau. Nous vous invitons alors à le concevoir comme une somme de courts morceaux musicaux. Nous allons appeler un court morceau musical une « section » qui comportera de 2 à 8 mesures.
Choisissez-en une sur laquelle vous allez travailler.
Arrêtez-vous à la 1ère note de la section suivante.
Évitez de dépasser la section que vous avez décidé de travailler.
La section que vous avez choisie est composée de plusieurs mesures. Afin de mieux comprendre l’unité de la section, notez le numéro de chaque mesure au-dessus de la barre de mesure.
Si, par exemple, votre section comporte 8 mesures, notez alors les numéros de mesures dans l’ordre contraire de façon suivante : « 8 » pour la mesure 1 ; « 7 » pour la mesure 2 … « 1 » pour la mesure 8. L’ordre contraire ici est très utile, car il indique le nombre de mesures restant avant la prochaine section.
Cela vous servira par la suite dans un exercice suivant où vous serez amené à jouer en prononçant les numéros de mesures.
Essayez de trouver l’événement musical remarquable dans la section que vous avez choisie. Cela peut être une nuance : un forte, un pianissimo, ou un accent, ou encore une couleur harmonique très différente des autres. Souvent cet événement est précédé par une « progression » - crescendo, diminuendo, accelerando, ritenuto, etc. Comme un astre important, cet événement est une sorte de « pôle de gravité » qui attire la matière musicale.
Le « Rythme Harmonique » est la fréquence de changement des harmonies. Souvent une nouvelle basse (la note la plus grave) indique cette fréquence.
Repérez ces changements et relevez combien d’harmonies différentes sont présentes dans la section.
Chiffrez-les si c’est possible.
Cela vous servira par la suite dans l’exercice « Choral ».
« L’image sonore » est ce que la musique représente pour vous. Demandez vous quelle « histoire » réside dans le cœur de la section que vous travaillez. Est-ce qu’elle vous évoque une émotion particulière ? Est-ce qu’elle vous fait penser à des faits réels ? Durant cette étape d’apprentissage il s’agit de formuler la motivation « profonde » qui vous donne envie de jouer cette section. Cette motivation est parfois appelée la « tâche artistique ». Demandez-vous ce que vous voulez communiquer à travers cette section à votre public. Si votre histoire ne parviendra pas en elle-même au public, la précision de votre intention touchera son imaginaire.
À l’image du battement de cœur, la pulsation est un pouls musical qui sert de repère lorsque nous écoutons de la musique. Lorsque nous jouons, il est important de communiquer distinctement ce pouls, sinon notre auditeur ne pourra pas « comprendre » le contenu musical. Dans un premier temps, il s’agit de le repérer. Placez les « barres de pulsation » en traçant des lignes qui traversent les deux portées. L’espace entre deux barres doit impérativement correspondre à 1 « temps ». Le temps qui s'écoule entre les 2 barres de la pulsation est toujours le même.
Avant de jouer, chantez à mi-voix la mélodie de la section, comme si c'était une berceuse tout en battant la pulsation ou en dirigeant. Cette « chanson » vous servira de modèle que vous allez détailler et embellir par la suite à l’aide de l’instrument. Rappelez-vous que les nuances1, les articulations2 et les progressions3 font partie de la musique.
1 Nuances : piano, forte, mezzo-forte, pianissimo. Encore appelées les dynamiques, ce sont les différentes manières de communiquer un contenu musical, par example avec une voix douce (piano), puissante (forte) ou timide (pianissimo), etc.
2 Articulations : legato, staccato, tenuto. Ce sont les différentes manières de passer d’une note à l’autre, en liant (legato), en détachant (staccato), en étant particulièrement attentif à la façon dont on arrête le son après une certaine durée (tenuto).
3 Progressions : crescendo (de plus en plus fort), diminuendo (de moins en moins fort), accelerando (de plus en plus vite), ritenuto (en freinant). Ce sont les différentes manières graduelles (petit à petit, peu à peu) de changer de nuances ou de tempo.
Maintenant que vous connaissez la mélodie, chantez la même chanson de mémoire en battant la pulsation ou en dirigeant sans regarder la partition. Faites le plusieurs fois.
Il est utile d’écrire les doigtés sur la partition pour retenir les positions de main sur le clavier. Si vous rejouez un même passage avec le même doigté, cela réduira le temps d’apprentissage de manière considérable.
Essayez d’abord les doigtés déjà présents sur la partition. S’ils vous conviennent, complétez-les en écrivant un doigté sur chaque note. S’ils ne vous conviennent pas, barrez-les et écrivez les vôtres.
S’il n’y a aucun doigté présent sur la partition, écrivez le premier doigté qui vous vient sur chaque note. Essayez-le. Rectifiez-le si besoin.
Sachez que ce doigté va évoluer durant le temps d’apprentissage. Quand vous serez plus à l’aise avec le morceau, vous allez parfois changer de doigté sans vous en rendre compte. Il est important de l’écrire à nouveau à chaque fois que vous trouverez une meilleure solution.
Bravo ! Vous avez terminé la 1ère étape.
Avant de poursuivre, faites une courte pause. Après un temps d'apprentissage, nous avons besoin de « digérer » l’information reçue. Vous pouvez aller vous chercher un verre d’eau, faire un étirement ou regarder par la fenêtre. Évitez de consulter vos messages et les réseaux sociaux. En revenant à l’instrument, il est possible que vous vous sentiez rempli d’énergie.
20 minutes
La 2ème étape est un moment très méticuleux de l’apprentissage qui consiste à faire la rencontre des notes et des rythmes tout en travaillant sur la coordination des mains.
Cette étape comporte 21 cartes :
Posture
Sans pédales
Tempo lent. Enchaînement fluide
Le poignet et l’épaule se confient au mouvement
Jouer et chanter la m.d.
Jouer la m.d. en marchant la pulsation
Jouer la m.d. et compter (à voix haute)
Jouer et chanter la m.g.
Jouer la m.g. en marchant la pulsation
Jouer la m.g. et compter (à voix haute)
La m.g. en chantant la m.d.
La m.d. en chantant la m.g.
Mains ensemble sur les temps forts en comptant
Choral
Mains ensemble en marchant la pulsation
Mains ensemble en comptant (à voix haute)
Mains ensemble en chantant la m.g.
Mains ensemble en comptant les mesures
M.g. par coeur
Mains ensemble avec la pédale
Avant de poser ces mains sur le clavier, il convient de s’installer à l’instrument de sorte que la posture soit confortable et optimale pour le jeu pianistique.
Voici quelques conseils :
Le tabouret doit être assez ferme pour que le bassin soit fixement posé, mais pas trop dur
Évitez de vous asseoir dans un fauteuil, ni sur un canapé
Réglez la hauteur du tabouret et la distance du tabouret au piano, ni trop près, ni trop loin, de sorte que les coudes soient ouverts à 100°-120° (14h55)
Le coude doit être placé « au niveau du haut des touches blanches » (Chopin)
Asseyez-vous à la moitié du tabouret
Les pieds doivent impérativement toucher le sol. Si les pieds ne peuvent pas toucher le sol, utilisez un support qui compenserait l’espace manquant (une caisse en bois par exemple)
La connexion avec le sol est primordiale. Vous devez pouvoir vous mettre debout à tout moment, de façon à construire et maintenir une posture tonique
Veillez à ce que la tête vous « mène » vers le plafond
Soyez attentif à l’espace entre le piano et le buste. Imaginez que vous tenez un grand ballon qui vous permet de ressentir cet espace
Afin de mieux mémoriser les durées des sons et les distances qui seéparent les touches, travaillez d’abord sans utiliser les pédales. Le moment de leur utilisation sera mentionné vers la fin de cette série.
Chantez la partie de la main droite avec le nom des notes tout en jouant. Prenez soin de la chanter avec les nuances1, les articulations2 et les progressions3.
1 Nuances : piano, forte, mezzo-forte, pianissimo. Encore appelées les dynamiques, ce sont les différentes manières de communiquer un contenu musical, par example avec une voix douce (piano), puissante (forte) ou timide (pianissimo), etc.
2 Articulations : legato, staccato, tenuto. Ce sont les différentes manières de passer d’une note à l’autre, en liant (legato), en détachant (staccato), en étant particulièrement attentif à la façon dont on arrête le son après une certaine durée (tenuto).
3 Progressions : crescendo (de plus en plus fort), diminuendo (de moins en moins fort), accelerando (de plus en plus vite), ritenuto (en freinant). Ce sont les différentes manières graduelles (petit à petit, peu à peu) de changer de nuances ou de tempo.
Jouez la main droite, chantez et « marchez » la pulsation en respectant les barres de pulsation que vous avez écrites précédemment. Marcher la pulsation veut dire lever les pieds en alternance (l’un, puis l’autre) de sorte que le pied se décolle entièrement du sol, puis regagne le contact avec le sol en même temps que la note jouée et chantée.
En respectant les pulsations que vous avez écrites, jouez la main droite et comptez les temps à voix haute. Essayez plusieurs façons de compter :
1 Nuances : piano, forte, mezzo-forte, pianissimo. Encore appelées les dynamiques, ce sont les différentes manières de communiquer un contenu musical, par example avec une voix douce (piano), puissante (forte) ou timide (pianissimo), etc.
La main gauche est elle-même une grande mélodie qui est très différente de celle de la main droite. Il est fondamental de bien savoir la chanter, ainsi que de la mémoriser pour qu’elle puisse soutenir la main droite. Chantez la partie de la main gauche avec le noms des notes tout en jouant. Prenez soin de la chanter avec les nuances1, les articulations2 et les progressions3.
1 Nuances : piano, forte, mezzo-forte, pianissimo. Encore appelées les dynamiques, ce sont les différentes manières de communiquer un contenu musical, par example avec une voix douce (piano), puissante (forte) ou timide (pianissimo), etc.
2 Articulations : legato, staccato, tenuto. Ce sont les différentes manières de passer d’une note à l’autre, en liant (legato), en détachant (staccato), en étant particulièrement attentif à la façon dont on arrête le son après une certaine durée (tenuto).
3 Progressions : crescendo (de plus en plus fort), diminuendo (de moins en moins fort), accelerando (de plus en plus vite), ritenuto (en freinant). Ce sont les différentes manières graduelles (petit à petit, peu à peu) de changer de nuances ou de tempo.
Jouez la main gauche, chantez et « marchez » la pulsation en respectant les barres de pulsation que vous avez écrites précédemment. Marcher la pulsation veut dire lever les pieds en alternance (l’un, puis l’autre) de sorte que le pied se décolle entièrement du sol, puis regagne le contact avec le sol en même temps que la note jouée et chantée.
En respectant les pulsations que vous avez écrites, jouez la main gauche et comptez les temps à voix haute. Essayez plusieurs façons de compter :
1 Nuances : piano, forte, mezzo-forte, pianissimo. Encore appelées les dynamiques, ce sont les différentes manières de communiquer un contenu musical, par example avec une voix douce (piano), puissante (forte) ou timide (pianissimo), etc.
Jouez la main gauche seule en chantant la partie la main droite. Si la main droite correspond à la mélodie dans votre morceau, vous aurez l’impression de vous accompagner, ce qui est une sensation très agréable ! Vous pourrez alors varier les nuances1 de votre main gauche et l’affiner en fonction de ce que vous chantez.
Cet exercice fait travailler la coordination et l’écoute de deux voix simultanées (en même temps). Avant d’en prendre l’habitude, il peut parfois paraître un peu difficile. Accrochez-vous, vous en récolterez de grands bénéfices et une fluidité très gratifiante !
1 Nuances : piano, forte, mezzo-forte, pianissimo. Encore appelées les dynamiques, ce sont les différentes manières de communiquer un contenu musical, par example avec une voix douce (piano), puissante (forte) ou timide (pianissimo), etc.
Maintenant inversez la tendance: jouez la main droite seule en chantant la main gauche. S’il y a des doubles notes, choisissez un « trajet » : soit la voix supérieure de la main gauche, soit la voix inférieure, puis inversez. Faites de la basse une véritable mélodie qui dialogue et accompagne celle de la main droite.
Un choral est une composition musicale apparue au XVIe siècle destinée à être chantée à plusieurs voix (souvent à 4). Selon les différentes chorals, l’écriture peut être homorythmique (les 4 voix chantent avec le même rythme) ou polyrythmique (les 4 voix chantent avec des rythmes différents). Les chorals les plus emblématiques sont issues de la composition de J.S.Bach (1685-1750).
Dans cet exercice il convient de jouer toutes les harmonies en homorythmie (toutes les notes en même temps, ce qui va donner lieu à un enchaînement d’accords) et mémoriser le fragment que vous travaillez comme si c’était un choral. Cela va vous être utile afin d’intégrer les positions au clavier et les couleurs harmoniques.
Jouez maintenant toutes les notes les mains ensemble en « marchant la pulsation ». Marcher la pulsation veut dire lever les pieds en alternance (l’un, puis l’autre) de sorte que le pied se décolle entièrement du sol, puis regagne le contact avec le sol en même temps que la note jouée et chantée.
Jouez toutes les notes les mains ensemble en comptant. Vous pouvez continuer à « marcher ».
Jouez les mains ensemble en chantant la partie de la main gauche.
La main gauche est souvent celle qui définit le « Rythme Harmonique » (la fréquence de changement des harmonies).
Il est important de l’apprendre par cœur assez tôt quand vous abordez le nouveau morceau. Faites-le comme s’il s’agissait d’une pièce à part entière. Une pièce, peut-être, un peu étrange. Savourez cette étrangeté comme contribuant au charme de la pièce.
Ça y est, c’est le moment d’essayer votre section avec pédale. Appuyez-vous sur le « Rythme Harmonique » (la fréquence de changement des harmonies) que vous avez relevé précédemment pour imaginer un changement de pédale cohérent.
Voici quelques conseils généraux de changement de pédale qu’il faut adapter à chaque situation :
Chaque nouvelle harmonie doit être comprise dans une nouvelle pédale de sorte que les harmonies ne se mélangent pas
Évitez la pédale dans les chromatismes
Modulez la pédale avec l’oreille en changeant l’enfoncement de votre pied en fonction de ce que vous entendez
Variez la pédale sans forcement aller « au fond »
Veillez à ce que la pédale soit enlevée completement à chaque fois, mais sans faire de bruit, en gardant le pied en contact avec la pédale
Bravo ! Vous avez terminé la 2ème étape.
Avant de poursuivre, faites une courte pause. Après un temps d'apprentissage, nous avons besoin de « digérer » l’information reçue. Vous pouvez aller vous chercher un verre d’eau, faire un étirement ou regarder par la fenêtre. Évitez de consulter vos messages et les réseaux sociaux. En revenant à l’instrument, il est possible que vous vous sentiez rempli d’énergie.
20 minutes
En s'appuyant sur les aptitudes que nous avons acquises, cette dernière étape nous aide à finaliser l’apprentissage d’une section que l’on a choisie afin lui donner l’éclat d’un produit fini.
Cette étape comporte 11 cartes :
Posture
Faire des micro-groupements de notes
Jouer sur le couvercle du piano
Détailler les articulations
Détailler les nuances
Diriger en fredonnant de mémoire à nouveau
Jouer dans la tête. Imaginer le jeu sans piano
Travailler avec le métronome
Travailler les éventuels changements de tempo
Se rappeler de « l’image sonore »
S’enregistrer
Avant de poser ces mains sur le clavier, il convient de s’installer à l’instrument de sorte que la posture soit confortable et optimale pour le jeu pianistique.
Voici quelques conseils :
Le tabouret doit être assez ferme pour que le bassin soit fixement posé, mais pas trop dur
Évitez de vous asseoir dans un fauteuil, ni sur un canapé
Réglez la hauteur du tabouret et la distance du tabouret au piano, ni trop près, ni trop loin, de sorte que les coudes soient ouverts à 100°-120° (14h55)
Le coude doit être placé « au niveau du haut des touches blanches » (Chopin)
Asseyez-vous à la moitié du tabouret
Les pieds doivent impérativement toucher le sol. Si les pieds ne peuvent pas toucher le sol, utilisez un support qui compenserait l’espace manquant (une caisse en bois par exemple)
La connexion avec le sol est primordiale. Vous devez pouvoir vous mettre debout à tout moment, de façon à construire et maintenir une posture tonique
Veillez à ce que la tête vous « mène » vers le plafond
Soyez attentif à l’espace entre le piano et le buste. Imaginez que vous tenez un grand ballon qui vous permet de ressentir cet espace
To chunk - couper en morceaux (ang.)
Tout comme dans un discours verbal, le discours musical s’organise en phrases, qui sont constituées de mots de plusieurs syllabes. Nous allons appeler ces mots des « chunks ». À l’intérieur de chaque mesure, découpez le discours musical en petits bouts de 2, 3 ou 4 notes (pas plus). Jouez ces « chunks » en vous arrêtant sur la dernière « syllabe ».
Puis, enchaînez sans vous arrêter en continuant à penser cette séparation entre les groupes dans votre tête, mais bien évidemment, sans le faire entendre. Vous vous rendrez certainement compte que toute la section sera plus intelligible pour vous et donc pour votre auditeur.
Cet exercice est très favorable à la clarté des traits rapides.Cet exercice très fructueux offre de nombreux bénéfices, s’il est réalisé avec beaucoup d’attention. Il vous permet de mémoriser vos doigtés, de prendre conscience des bouts de vos doigts et d’apprendre les distances qui séparent les touches. Il vous entraîne aussi à imaginer les sons et à vous projeter dans « l’image sonore » de votre pièce (une sorte « d’histoire »).
Jouez votre morceau sur le couvercle du piano ou sur une table en chantant.
Cet exercice est difficile et peut être déstabilisant : peut-être qu’au début, vous ne vous souviendrez plus de vos doigtés par exemple, et vous ne parviendrez pas à jouer. Ne vous inquiétez pas. Cet exercice exige une dissociation peu habituelle. Reprenez calmement votre partition et concentrez-vous sur une section plus petite (1 ou 2 mesures) : jouez-la lentement au piano, puis à nouveau sur le couvercle.
Les passages les plus déstabilisants sur le couvercle sont justement ceux qui ont besoin d’être précisés.
Concentrez-vous à présent sur le détail des articulations1.
1 Articulations : legato, staccato, tenuto. Ce sont les différentes manières de passer d’une note à l’autre, en liant (legato), en détachant (staccato), en étant particulièrement attentif à la façon dont on arrête le son après une certaine durée (tenuto).
Concentrez-vous à présent sur le détail des nuances1.
1 Nuances : piano, forte, mezzo-forte, pianissimo. Encore appelées les dynamiques, ce sont les différentes manières de communiquer un contenu musical, par example avec une voix douce (piano), puissante (forte) ou timide (pianissimo), etc.
Maintenant que vous connaissez la mélodie, chantez la mélodie de la section de mémoire en battant la pulsation ou en dirigeant sans regarder la partition. Faites-le plusieurs fois.
Projetez-vous maintenant de façon plus spécifique dans l'exécution de la pièce. Fermez les yeux et imaginez que vous êtes en train de jouer :
Imaginez comment votre torse et vos bras vont bouger
Imaginez comment vous allez placer vos doigts sur les touches
Imaginez les distances entre les différents intervalles
Imaginez tous les mouvements que vous allez faire pour jouer la pièce. Déroulez cette chorégraphie dans votre tête en gardant une pulsation. D’abord lentement. Ensuite, dans un tempo plus allant en enchaînant de façon fluide.
Le métronome nous donne la pulsation et nous indique à quel moment on s’en écarte. C’est aussi un outil d’élaboration rythmique très puissant. Il peut donner plus de conviction à notre discours musical. Il peut nous faire prendre conscience de l’espace réel qui sépare deux temps. Ainsi, vous pouvez effectuer:
des montées métronomique : réglez le métronome à un tempo dans lequel vous vous sentez à l’aise. Jouez le passage plusieurs fois. Puis ajoutez 3-5 bpm (battements par minute) et recommencez le même passage. Augmentez la vitesse du métronome jusqu’à ce que vous arriviez au tempo souhaité
métronome à contretemps : le battement du métronome correspond maintenant aux temps faibles. C’est un exercice qui peut paraître difficile au début. Une fois assimilé, votre sentiment de pulsation sera beaucoup plus présent et vous serez beaucoup plus à l’aise
métronome à la mesure : le métronome indique maintenant l’entièreté de la mesure (battement très lent)
Afin d’élaborer le sentiment d’unité de la section, jouez les mains ensemble en comptant à haute voix le numéro de chaque mesure que vous avez indiqué précédemment.
Lorsque nous jouons, nous ne pouvons pas nous rendre compte de l’entièreté de l’image sonore que nous produisons. C’est pourquoi l’enregistrement peut nous servir de repère objectif. Enregistrez-vous. Est-ce que la « tâche artistique » (ce que vous voulez communiquer au public) est potentiellement perceptible ? Quelles sont les éventuelles divergences ?
Refaites un enregistrement une deuxième fois en rectifiant ce qui a attiré votre oreille.
Félicitations pour cette nouvelle session ! Vous avez fait un travail remarquable qui va rapidement porter ses fruits. Continuer à travailler sur une autre section et répétez plus tard la section que vous venez d’apprendre pour refixer les informations et les facultés acquises.
Par ailleurs, n’oubliez pas de faire une pause, car après un temps d'apprentissage, nous avons besoin de « digérer » l’information reçue. Faites une courte pause ⎼ vous pouvez aller vous chercher un verre d’eau, faire un étirement ou regarder par la fenêtre quel temps il fait dehors. En revenant à l’instrument, il est possible que vous vous sentiez rempli d’énergie.
→ Consultez dès maintenant d'autres pioches qui vont vous aider à jouer de mieux en mieux:
Apprendre la pièce:
Niveau A (facile)
Niveau B (plus difficile)
Idées:
Piano Practice Companion
Dirigé par Matvey Zheleznyakov
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